Alors qu’a lieu ce jeudi 5 décembre en France un important mouvement de grève, la French Radio Benelux s’est penchée sur les grèves en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.

En arrivant aux Pays-Bas, les Français sont toujours étonnés de la « docilité » des employés néerlandais face au « patronat » et aux pouvoirs publics. Le consensus semble souvent de mise et l’intérêt collectif est toujours mis en avant lors des grandes décisions sociales.

Au fil des ans et suite à la crise économique de la dernière décennie nous avons ainsi assisté au recul de l’âge légal de la retraite , les pensions ont baissé et beaucoup d’acquis sociaux sont partis en fumée…

Le tout sans grande protestation… 

Ces derniers temps toutefois le Batave change, se fait plus entendre et 2 grands sujets cristallisent les peurs et la colère. Le secteur de l’enseignement primaire connait une crise sans pareil. La pénurie d’enseignants est criante et le secteur se mobilise avec deux atouts de poids à ses côtés : les élèves et les parents d’élèves.

Les journées de grève sont ainsi clairement communiquées en amont, certaines écoles organisent des garderies. Les parents s’organisent entre eux et les enseignants communiquent et expliquent aux parents les raisons de leur mobilisation. Les enfants eux sont conquis à la cause de leurs enseignants.

Le secteur hospitalier traverse lui aussi une phase très compliquée et a connu un premier mouvement de grève le 20 novembre dernier. Plus de 150 000 personnes ont participé au mouvement. Cela a engendré l’annulation d’opérations. Les urgences sont elles restées ouvertes ainsi que les unités de gynécologie.

La grève a notamment pour objectif une hausse des salaire et une renégociation de leur convention collective.

Les transports ont été en grève début septembre générant un chaos énorme. Les syndicats demandaient que l’âge légal soit fixé à 66 ans car en 2023 il sera à 67 ans aux Pays-Bas !

Alors que l’économie est florissante aux Pays-Bas, beaucoup de Néerlandais ont l’impression d’avoir fait beaucoup de sacrifices mais de ne maintenant pas en tirer les fruits.

La tendance est donc à la protestation accrue mais la grève est toujours perçue comme le dernier recours lorsque le dialogue social n’a pas abouti.

 Des droits garantis par la Constitution au Luxembourg

Au Luxembourg, le droit de grève et la liberté syndicale sont garantis par la Constitution .

En principe, le droit de grève peut être exercé par tous les salariés ayant le statut de droit privé. Cependant, avant de pouvoir engager une action de grève, une procédure de conciliation doit être respectée. Il existe aussi des règles spécifiques pour les fonctionnaires.

La législation soumet l’exercice du droit de grève au respect des procédures de conciliation préalable. Tout litige survenant dans une entreprise doit être présenté – avant tout arrêt ou cessation du travail – devant un organisme public, l’Office national de conciliation (ONC), qui a pour charge de « résoudre les litiges collectifs en matière de conditions de travail » et de ceux « qui n’ont pas abouti à une convention collective ou à un accord collectif ». Il est composé de huit conseillers – quatre représentants des employeurs et quatre représentants des salariés – et présidé par un fonctionnaire du ministère du Travail.

Le nombre de conflits porté devant l’ONC n’a jamais dépassé une douzaine par an. En 2015, selon le dernier rapport d’activité du ministère du Travail, seuls deux litiges ont été portés devant cette instance.

Statistiquement, les grèves ne sont pas comptabilisées au Luxembourg car elles sont excessivement rares en raison de la culture des relations sociales, des clauses de paix sociale et de la procédure de conciliation obligatoire.

La Belgique fréquemment frappée par les grèves

C’est tout à fait l’inverse en Belgique, pays classé 4ème pratiquant le plus les grèves, le premier étant la France. Elles touchent très largement le secteur des transports, qu’ils soient régionaux et notamment à Bruxelles mais aussi nationaux au sein de la compagnie ferrovière SNCB. Ils touchent souvent plus la partie francophone que la partie néerlandophone du pays, sans doute en partie en raison de la prospérité plus importante au nord du pays mais aussi d’une culture syndicale très forte chez les Wallons.

Les grèves peuvent aussi être liées à des plans sociaux prévus ou en cours comme ce fut le cas avec carrefour qui prévoit une très forte réduction de son personnel outre-quiévrain.

Enfin n’oublions pas que la grève peut aussi se faire pour des motifs autres que le droit du travail, Bruxelles, La Haye et Amsterdam sont ainsi régulièrement traversées par des marches de la jeunesse pour le climat et aura lieu à Luxembourg le 7 mars une grève des femmes pour sensibiliser sur la surreprésentation des femmes dans les emplois à temps partiel.