Alors que le président français Emmanuel Macron annonçait le lundi 16 mars, dans un discours grave, de nouvelles mesures drastiques pour limiter la propagation de la pandémie (confinement, report du 2nd tour des élections municipales, fermeture de l’espace Schengen…), le Premier ministre néerlandais Mark Rutte tenait à la télévision un discours radicalement différent.

Il a ainsi exclu le confinement total adopté par la France, l’Italie et l’Espagne, arguant que « dans ce scénario, nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences« , et ce alors que le virus « pourrait réapparaître immédiatement si les mesures étaient retirées« .

L’approche est donc totalement différente. Quelle est dont la stratégie batave ? Et si ils avaient raison ? On fait le point pour vous !

« L’immunité de groupe » peut-elle protéger un pays face au coronavirus Covid-19 ? 

En effet, même si le gouvernement néerlandais a ordonné dimanche des fermetures (écoles, bars, restaurants, coffee shops), il n’est pas question d’un confinement total, comme c’est le cas en Italie ou en France. « La réalité est qu’une grande partie de la population néerlandaise sera infectée par le coronavirus », a-t-il averti lors de son discours.

L’objectif est donc simple : parvenir à une « immunité de groupe » dans l’attente d’un vaccin, en laissant les personnes les moins vulnérables attraper le virus tout en protégeant les plus fragiles (personnes âgées et malades). Cette méthode repose sur le fait que les gens contractent la maladie et deviennent ainsi immunisés. On pense généralement que ceux qui se rétablissent seront immunisés, de sorte qu’ils ne l’attraperont pas deux fois. Mais cela risque d’exposer davantage les personnes à risque.

La Corée du Sud, épargnée par le Sras, a adopté la même approche asiatique. Elle a détecté tôt et massivement, fermé très vite les écoles et isolé seulement les malades et leurs proches, bien aidée par son niveau élevé de technologie de surveillance. Le pays a aussi le plus fort taux de lits médicalisés des pays touchés par le coronavirus dans le monde. Résultat, la Corée du Sud affiche le plus bas taux de létalité : 0,8 % seulement, contre la moyenne de 3,4 % mesurée par l’Organisation mondiale de la santé, et 6,2 % en Italie. La courbe de la France penche plutôt du côté italien…

Cette stratégie est aussi appliquée par le Royaume-Uni, certains parlent de laxisme, certains parlent de sacrifier l’humain sur l’autel de l’économie mais cette stratégie repose aussi sur des éléments scientifiques et sur l’expérience millénaire du corps humain qui a su surmonter d’autres épidémies. Leur pari est que le système hospitalier arrivera à juguler le nombre de morts au sein de la population atteinte sévèrement et que la « nature » fera son œuvre pour les autres. 

Évidemment c’est une approche qui peut choquer pour ceux issus de culture française où le contrôle prime sur tout au point que le principe de précaution est inscrit dans la constitution. 

Et donc logiquement la réponse française, et par ricochet belge, c’est le confinement ! Mais quel but et quelle efficacité ? 

Le but étant vraiment de stopper les interactions sociales pour stopper la propagation du virus, le confinement ne peut être que radicale. Son utilité ? Empêcher rapidement et efficacement la propagation du Covid-19. 

Selon les experts, l’Italie comptera environ 5 000 morts le 22 mars, mais ensuite la courbe pourrait commencer à s’infléchir et c’est là le résultat du confinement. 

Il permet de prévoir, de calibrer et surtout d’anticiper les besoins des hôpitaux. En Italie, la mortalité s’est envolée car le système hospitalier est sous dimensionné et que face à une courbe exponentielle des malades graves, il a été saturé conduisant ainsi aux nombreux décès. Même si au Benelux ou en France, les hôpitaux sont plus nombreux et mieux équipés, rien ne garantit qu’ils pourront assumer une vague de malades sérieux si la courbe s’emballait. Mais rien ne dit qu’elle s’emballera et les économie des pays qui ont fait ce choix seront mieux préservées. 

Deux approches, deux visions de l’épidémie qui s’opposent.. Le temps, seul, nous dira qu’elle fut la bonne ou peut être que les deux auront de bon résultats. Ce qui est sûr c’est que les populations doivent être responsables, les résidents aux Pays-Bas doivent éviter les déplacements dans les zones en confinement… Pas d’immunité naturelle stimulée dans ces secteurs..