Avec 5 000 décès, le Royaume compte moins de décès que dans certains pays, comme la France (20 000), l’Italie (24 000), ou encore les Etats-Unis (40 000). Mais en chiffres relatifs, c’est-à-dire en comparant avec le nombre d’habitants, les résultats sont préoccupants. Pourtant, le ton des médias belges est à l’apaisement, car le nombre de nouvelles hospitalisations baissent, et l’occupation de lits en soins intensifs se stabilise. Mais alors comment expliquer l’impact de la maladie en Belgique ?

Ces chiffres s’expliquent d’abord par la méthode de calcul. Spécificité belge, les médecins qui soupçonnent un cas de Covid, le comptabilise dans cette colonne, même si la personne n’a pas été testée avant son décès. L’une des autres explications avancées est la densité de population, l’une des plus forte d’Europe, avec 374 habitants au km2. Un élément à relativiser, cependant, car le Land allemand du Nordheim-Westfalen compte 526 habitants au km2, mais seulement 545 décès pour 18 millions d’habitants. Et seulement 4 morts liés à l’épidémie à Hong-Kong.

Autre explication, le prisme avec lequel les médias, les décideurs politiques, et les médecins évaluent l’évolution du Covid, en ne se penchant que sur le nombre d’hospitalisation et le taux de saturation des unités de soins intensifs. Au lieu de constater une décrue du nombre de décès, on assiste à une augmentation dans des proportions effrayantes. Et si le pic de l’épidémie semble arrivé, avec un taux d’occupation des unités de soins intensifs qui n’a pas dépassé les 54%, la situation la plus dramatique se situe dans les maisons de repos où 48% des décès liés au Covid19 sont enregistrés. Et la considération des personnes âgées est remise en question, tant ces décès ont été incorporés tardivement dans les statistiques officielles. Une tragédie qualifiée d’humaine, sociale et éthique. En effet, comment les autorités n’ont-elles pas mieux anticiper les risques, alors que l’on savait, dès le mois de janvier, que le virus s’attaquait surtout aux séniors ? La situation aurait-elle été différente si les personnes âgées avaient été prises en charge plus tôt dans les hôpitaux ? Autant de questions auxquelles seront confrontés les décideurs politiques à la fin de la crise.