Après deux mois de confinement, on n’est plus tout à fait comme avant. Certains parlent même de syndrome post traumatique. Quelle a été la réalité de chacun pendant cette période hors du temps ? Plusieurs cas de figures coexistent.

 Plusieurs type de confinés

Les confinés, dits passifs, ont géré tant bien que mal leur temps, en rangeant, lisant, classant. Il y a aujourd’hui des logements qui ressemblent, désormais, à une quincaillerie- clous et visses rangées par taille- ou à une bibliothèque, où tout est lu.

Se retrouver avec les enfants à la maison, au début, c’est drôle ; faire l’école chez soi a un petit goût de « quand j’étais petite, je jouais à la maîtresse ». Sur la longueur, c’est plus compliqué. La crise de nerfs guette. Enseigner demande non seulement du savoir, mais aussi de la patience et de la créativité, avec des outils pédagogiques bien spécifiques. 

Il y en a d’autres qui ont réinventé les recettes de cuisine, et peut-être pris des kilos. La farine a failli manquer, puisque tout le monde a voulu devenir le meilleur pâtissier.

Attention, les confinés passifs, s’ils sont dans la vie active, ont connu aussi le chômage temporaire et donc à l’angoisse du COVID, s’ajoute l’anxiété, liée à la situation économique et à la perte de revenus.

 

Les confinés actifs ont continué à travailler à distance. Ils ont des connections VPN et interagissent comme si, par téléportation, ils étaient au bureau sans y être. On est au bord de la physique quantique. Au premier abord, c’est génial et le travail gagne en intensité. Pas d’embouteillage, pas de transports en commun, un réel gain de temps, des visioconférences, moitié chic, moitié en pyjama…

Là où ça se complique, c’est lorsque le confiné a des enfants. En couple, on peut imaginer une garde partagée sous le même toit, chacun faisant sa conférence, pendant que l’autre occupe le jeune public par un jeu de mille bornes par exemple. Mais après avoir parcouru 100 000 bornes, dans un contexte où on ne peut pas faire un kilomètre dehors, ça tape un peu sur les nerfs.

En résumé, le confiné actif a moins d’anxiété sur le plan économique, mais il a une charge émotionnelle importante avec la présence des écoliers, privés d’école. La gestion de jeunes ados ou d’étudiants, en attente d’examen ou pas, à distance ou pas, n’est pas plus aisée. Ils sont évidemment plus autonomes, mais la privation des amis, donc de vie sociale, est une vraie souffrance qui peut déboucher sur des insomnies et un mal-être lourd.

 Et ceux qui y ont échappé

Les non-confinés ont vécu une vie un peu différente d’avant, tout étant presque comme avant. Aller au bureau, rentrer du bureau, écrire, communiquer, mais on pense confinement tout le temps. Gérer le vivre ensemble, mais bien séparément, trouver des solutions quand il semble ne plus y en avoir, organiser l’espace et le temps pour assurer la continuité de la mission, sans mettre en danger les personnes. Bref se retrouver en plein décalage avec les confinés, actifs ou passifs, parce que la temporalité est diamétralement opposée.

 

Et maintenant

Et puis maintenant, il y a les déconfinés. Il y en a qui veulent rester confinés, au cas où. D’autres sont incrédules : on peut sortir ?  Les magasins rouvrent, eux aussi groggys par une sorte d’hibernation forcée, comme si l’on se réveillait d’un long cauchemar. Attention, le virus est toujours là et il faut rester prudent. On a perdu encore une grande partie de ce qui notre essence même, à savoir les activités culturelles, les restos, les cafés, bref notre sociabilité.

 

Souriez, vous êtes déconfinés ! Mais prenez soin de vous, des vôtres et des nôtres !

 

Et n’hésitez pas à nous raconter votre confinement !